MACÉRATIONS
Les macérations ouvrent une autre lecture du cépage : la peau apporte du grain, la couleur devient matière, l’aromatique s’élargit. Ce ne sont pas des vins pour choquer, mais pour déplacer le regard et élargir le champ des accords, avec une pluralité assumée.
LUNE ROUSSE
Surface : 9 ares
Année de plantation : 1983
Exposition : Est
Le gewurztraminer change de registre : il quitte le seul registre aromatique pour entrer dans la matière. La macération lui donne une autre voix. Le nez mêle rose séchée, écorce d’orange, épices douces, graines de cumin, thé noir et une légère touche de résine, le tout posé sur un fond de peau de fruits. En bouche, la structure surprend : les tanins de peau apportent du relief, une forme de grain, tout en gardant une belle fluidité. La matière est ample mais digeste, la finale est sèche, épicée, presque infusée, avec une légère amertume noble qui allonge le vin. Un gewurztraminer de caractère, plus terrien que démonstratif, fait pour ceux qui aiment les vins de macération gastronomiques, à table, sur les épices, les cuisines du monde et les accords audacieux.
NÉBULEUSE
Surface : 12,71 ares
Année de plantation :
Exposition : Est
Nébuleuse explore le pinot gris sous un autre angle : celui de la macération, où la couleur se trouble un peu et les contours gagnent en profondeur. Au nez, les fruits jaunes mûrs – mirabelle, reine-claude – côtoient la peau de pomme, le miel léger, le thé blanc et une fine note fumée, comme un voile. En bouche, la texture est au centre du propos : les tanins de peau dessinent un grain délicat, la matière est pleine mais tenue, avec une sensation tactile presque caressante. La finale est sèche, prolongée par une minéralité discrète et une amertume fine qui étire le vin. Un pinot gris de macération qui reste lisible, lumineux, pensé pour la table : assez structuré pour accompagner des plats de caractère, assez nuancé pour rester dans la conversation
QUASAR
Surface : 6,3 ares
Année de plantation : 2011
Exposition : Ouest
Quasar est un muscat qui choisit la voie oblique : la macération lui donne du fond sans lui retirer sa lumière. Le nez s’écarte du simple raisin frais pour aller vers les agrumes confits, les fleurs blanches, la verveine, la peau d’orange, la grenade, sur un fond légèrement herbacé. En bouche, on est loin de la facilité : la matière est sérieuse, portée par des tanins de peau qui structurent sans alourdir. La macération apporte du relief, une allonge sèche, presque saline, avec une amertume noble qui signe la finale et lui confère une buvabilité déconcertante. Un muscat d’auteur, plus minéral qu’attendu, qui préfère la tension à la douceur, pensé pour la gastronomie.
