Vins de la Colline du Bollenberg
PINOT BLANC
Surface : 58 ares
Année de plantation : 1973
Exposition : Sud-est
Le pinot blanc trouve sur le Bollenberg une sorte de juste milieu : ni démonstratif, ni effacé. Au nez, on est sur la poire fraîche, la pomme juteuse, une note de fleurs blanches et un rien de craie humide. En bouche, le vin avance sur la discrétion assumée : une matière tendre, soutenue par une acidité plus présente qu’il n’y paraît. Le calcaire du coteau donne ce côté tactile, presque poudré, qui étire la finale. Un vin de lumière douce, plus en nuance qu’en relief, qui accompagne la table avec une facilité déconcertante sans jamais renoncer à sa tenue.
MUSCAT
Surface : 52,8 ares
Année de plantation : 1984 et 1987
Exposition : Sud-est
Un muscat de coteau, qui connaît le soleil mais garde la retenue du Bollenberg. Le nez déborde de grappes croquées, de fleurs de vigne, d’agrumes confits et de menthe légère : tout dit le cépage, mais sans sucre ajouté dans le propos. En bouche, l’aromatique s’étire, mais la bouche reste sèche, nette, portée par une fraîcheur de calcaire. Le relief du coteau apporte une petite tension, presque salivante, qui équilibre la générosité du parfum. C’est un vin de clarté : très expressif au nez, étonnamment droit en finale. Le genre de muscat qui préfère le trait vif à l’exubérance.
RIESLING
Surface : 101,39 ares
Année de plantation : 1973, 1976 et 1977
Exposition : Sud-est
Le riesling, ici, parle la langue de la colline du Bollenberg : pierre claire, lumière, vent. Le nez mêle citron frais, zeste, pierre frottée, parfois une pointe de verveine ou de fleur d’acacia. On sent d’emblée que le vin sera plus tracé que rond. La bouche confirme : une attaque droite, une acidité fine mais ferme, une matière étirée qui ne cherche jamais la largeur mais la longueur. Le calcaire donne ce côté salin, presque mordant, qui fait saliver et appelle la gorgée suivante. C’est un riesling de tension lumineuse, qui préfère la ligne claire à l’opulence, et qui gagne en complexité avec le temps plutôt qu’avec le volume.
PINOT GRIS
Surface : 95,64 ares
Année de plantation : 1986
Exposition : Sud-est et ouest
Pris entre deux lumières, le pinot gris du Bollenberg joue sur deux registres : la face sud-est pour la maturité, l’ouest pour la retenue. Au nez, on trouve la mirabelle mûre, la poire confite, un soupçon de fumé et d’épices douces. En bouche, la matière est ample, mais tenue. Le calcaire garde la main, inscrit le vin dans une dynamique verticale qui évite à tout moment la lourdeur. Une petite amertume noble en finale vient resserrer la bouche et prolonger le souvenir. C’est un pinot gris de coteau : plus en texture qu’en sucre, plus en relief qu’en rondeur facile.
Gewurztraminer
Surface : 71,69 ares
Année de plantation : 1983, 1984 et 2006
Exposition : Est / Sud-est
Le gewurztraminer du Bollenberg regarde l’orient, mais avec la discipline du calcaire. Le nez est généreux – rose, litchi, fruit de le passion, écorce d’orange, épices douces – mais l’aromatique, ici, ne déborde jamais de son verre. En bouche, la richesse naturelle du cépage est encadrée par la fraîcheur de la pente. Le sucre, quand il y en a, s’intègre dans une texture ample mais nette ; une fine amertume de zeste et une salinité discrète viennent signer le terroir. Un gewurztraminer qui garde du climat sa générosité, et de la colline sa tenue : sensualité tenue par la pierre.
PINOT NOIR
Surface : 41,13 ares
Année de plantation : 1998
Exposition : Sud-est
Un pinot noir de colline sèche, où la vigne doit aller chercher profond. Au nez, la pivoine côtoie la cerise acidulée, la groseille et la fraise des bois, tandis que le bois de rose affleure, porté par des épices fines et une note de garrigue sèche, souvenir des landes du Bollenberg. En bouche, l’attaque tendre et fruitée ouvre sur un milieu suave, délicat, où les tonalités florales et végétales s’allongent. Le grain de tanin, soyeux et poli, porte une concentration tout en finesse. La finale vibre telle la corde d’un violon : salivante, elle s’étire loin, révélant la noblesse du climat.
